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La base lunaire de la NASA prend forme avec trois missions d'ici fin 2026

Par Vincent Lautier - Publié le

La NASA a donc dévoilé hier les détails de son plan pour bâtir une base permanente au pôle sud de la Lune. Trois missions robotiques partiront avant la fin 2026, confiées aux sociétés Blue Origin, Astrobotic et Intuitive Machines, en attendant le retour d'astronautes prévu pour 2028 avec la mission Artemis IV. Le tempo s'accélère après plusieurs années compliquées.

La base lunaire de la NASA prend forme avec trois missions d'ici fin 2026


Trois sociétés privées pour ouvrir le bal



Le programme s'appelle tout simplement "Moon Base", et il démarre cet automne. La première mission, Moon Base I, utilisera l'atterrisseur Blue Moon Mark 1 de Blue Origin pour déposer une caméra stéréo et un réseau de rétroréflecteurs laser près de la crête Shackleton-de Gerlache, sur la lune donc. L'idée ici est d'étudier comment les réacteurs des futurs alunisseurs interagissent avec le régolithe, une question loin d'être ridicule quand on prévoit d'accueillir des humains à proximité.

La mission "Moon Base II" suivra plus tard dans l'année avec l'atterrisseur Griffin d'Astrobotic, qui transportera lui plus de 500 kg de fret dont le rover FLIP d'Astrolab pour tester la mobilité au sol. Ensuite, ça sera "Moon Base III", et c'est Intuitive Machines qui s'y collera avec son Nova-C Trinity, en partenariat avec l'agence spatiale européenne et l'institut coréen KASI. Au programme de cette mission, l'étude des fameux tourbillons lunaires, ces structures magnétiques encore mystérieuses observées sur la surface de la lune.

La base lunaire de la NASA prend forme avec trois missions d'ici fin 2026


Rovers, drones et matériel pour tout quadriller



Pour transporter les futurs astronautes, la NASA a déjà signé trois gros contrats. Astrolab décroche 219 millions de dollars pour son rover CLV-1 capable de parcourir 220 km. Lunar Outpost obtient 220 millions pour le Pegasus, un véhicule manuel ou autonome qui grimpe à 14 km/h sur une portée comparable. Blue Origin, de son côté, sera payée 234 millions de dollars par mission de livraison pour acheminer tous ces engins sur place.

Plus original, le programme MoonFall confié à Firefly Aerospace prévoit des drones sauteurs d'environ un mètre de haut, chargés de baliser le périmètre du site et de cartographier la zone avec une résolution très précise, puisqu'on parle du cartographie au centimètre. Le premier lot de trois à quatre engins doit décoller en 2028.

La base lunaire de la NASA prend forme avec trois missions d'ici fin 2026


Un calendrier qui s'accélère vers Artemis IV



Avec ce nouveau planning, c'est désormais Artemis IV qui est prévu pour poser des humains sur le sol lunaire au début 2028, et non plus Artemis III comme prévu initialement. La mission Artemis II a déjà fait son tour de la Lune en avril dernier, et Artemis III aura aussi un rôle de démonstration en orbite fin 2027. Le but à terme reste toujours le même, installer une présence permanente près du pôle sud, là où se trouverait de la glace d'eau exploitable. Au total, la NASA évoque 25 lancements, 21 alunissages et quelques quatre tonnes de cargo livrées rien que pour la première phase du chantier.

On en dit quoi ?



C'est étonannt de voir à quel point la NASA fonctionne désormais comme un client qui passe commande, plutôt que comme l'opérateur historique de la conquête spatiale. Trois prestataires, trois calendriers, trois technologies différentes, avec tous les risques que ça implique bien sûr. Le risque, c'est que les précédentes tentatives privées sur la Lune se sont souvent terminées en alunissages ratés ou en sondes couchées sur le flanc. On peut quand même saluer la vitesse à laquelle l'agence enchaine les missions, après des années à patiner . Si tout se passe bien avec ces trois départs de fin 2026, on aura enfin un calendrier crédible vers une vraie base habitée. Sinon, Artemis IV risque encore de glisser d'une bonne année, au moins.